Succès des entreprises familiales / Colère des exploités

Face à la concurrence asiatique et les délocalisations, le secteur français du textile a souffert ces trente dernières années. Dans les Vosges (88), une entreprise familiale spécialisée dans la fabrication de linges de maison haut de gamme déjoue les pronostics. A sa tête, Jean-François Birac, qui représente fièrement la cinquième génération à prendre en mains la société. Ici, les machines d’époque et la technologie moderne s’allient pour perpétuer un savoir-faire qui a permis, en 15 ans, de faire tripler le nombre d’employés.

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Coup de cœur PersoClo : Graines d’Horizons – Ligne éco-responsable de vêtements modulables

PersoTeam vous présente Graines d’Horizons, ligne éco-responsable de vêtements modulables. fondée par Claire Buonavista lauréate du Prix Audace 2015 de la région Sud-Est.

Graines d’Horizons, propose une approche éco-inventive de la garde-robe avec des robes modulables issues du savoir-faire français. Les robes, réalisées à partir de fil issu de bouteilles recyclées, consistent en deux modules que l’on assemble grâce à une fermeture à glissière (une couture amovible). Pour réaliser ses pièces, Claire Buonavista travaille avec des acteurs locaux (ateliers de confection, emballage, etc.) avec comme objectif la préservation de la nature et la réduction de l’empreinte carbone.

Le concept :

Graines d'horizons

Création :

C’est à Marseille que les robes sont créées, au sein d’un bureau d’étude. Du dessin aux prototypes, les robes sont dessinées en interne et réalisées par des modélistes et des mécaniciennes expertes dans le travail de couture.

Tissage :

C’est au coeur la région lyonnaise, berceau textile historique français, que les tissus principaux des robes sont sélectionnés, auprès de tisseurs qui ont reçu les labels: « Entreprise du Patrimoine Vivant », ou encore « Oeko-Tex® ». Seules les doublures proviennent du Nord de l’Italie, et sont également certifiées « Oeko-Tex® ». 

Confection :

Tout comme la création et le modélisme, c’est à Marseille que les robes modulables sont confectionnées, au sein d’un atelier de couture qui compte près d’une quarantaine d’experts. La confection est couverte de la coupe des matières à la couture, sur la base des patrons et prototypes développés par le bureau d’étude. Les robes modulables sont donc gorgées du soleil de la Méditerranée, et de la passion de ceux qui les confectionnent!

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Voir les robes modulables 

À gauche, Patrick Morinière, l'ancien patron de Royal Mer, se félicite de la reprise de son entreprise de textile par Hervé Coulombe (à droite) et Xavier Lépine.

À Royal Mer Bretagne, le pull marin a un avenir

L’entreprise de La Regrippière (Loire Atlantique), en liquidation judiciaire depuis décembre, va pouvoir continuer grâce à la reprise par deux associés. Quarante-cinq emplois sont ainsi sauvés.

Les effets de la crise

Les sourires sont revenus à l’entreprise textile Royal Mer Bretagne de La Regrippière, dans le Vignoble nantais. Depuis le 10 août, la marque est passée dans les mains de deux associés, Hervé Coulombe, de Rennes et Xavier Lepine, d’Auray.

L’entreprise familiale créée par la famille Morinière en 1946, plus exactement la grand-mère de Patrick, dernier patron en date, a subi les effets de la crise depuis 2009, comme beaucoup dans cette filière.

À tel point que l’effectif a fondu de 18 personnes entre 2010 et 2011. Spécialisée dans la confection de pulls marins, Royal Mer Bretagne, dont la marque est apparue en 1975, développait un savoir-faire made in France qui ne s’est jamais démenti, mais qui a eu de la peine à prendre le bon virage commercial ces dernières années. Jusqu’à la prononciation de sa liquidation judiciaire, le 2 décembre dernier.

Sur les 59 salariés, 45 sont conservés par la nouvelle équipe dirigeante. Une team à quatre têtes dont les deux patrons associés, qui se partagent les compétences commercialisation, gestion de production, développement et finances. « Nous avons voulu donner un nouvel élan par une organisation où chacun trouve sa place », explique Hervé Coulombe. La première décision prise par la direction a été de maintenir Patrick Morinière dans leurs rangs et de lui confier le poste de directeur technique. « Quand la compétence est là, pourquoi s’en séparer ? » rétorque le nouveau dirigeant, qui sait de quoi il parle, fort d’une expérience d’une quinzaine d’années dans les métiers du textile et de la maille.

Plus que 3 ou 4 fabricants français

Le secteur du textile français, depuis trente ans, connaît une vraie crise dans la fabrication. « Aujourd’hui, il ne reste plus que trois ou quatre gros fabricants, précise le repreneur. En 2009, 700 000 personnes travaillaient dans le textile en Italie quand, en France, ils n’étaient plus que 700. C’est pour cela qu’on se bat pour sauver des marques comme Royal Mer. Pour un véritable retour à la qualité et au made in France, toujours très prisés des Américains ou des Chinois. »

Producteurs de chandails marins haut de gamme, Royal Mer entend se repositionner. « Nous continuerons à alimenter les comptoirs et magasins, notre fonds de commerce. Nous comptons surtout nous imposer à l’export, un domaine non abordé par la marque, mais pas question de grande distribution. Ce n’est pas notre cible. »

Michel FRISSONG.

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/textile-royal-mer-bretagne-pull-marin-avenir-18-03-2016-260013?utm_source=rss&utm_medium=ofentreprise&utm_campaign=rss_info_pays_loire

Le jour où nos vêtements nous protégeront

Dérangeants, vivants, anti-ondes… #TECH24 s’intéresse aux vêtements du futur. Esthétiques, technologiques, ils pourraient bien nous protéger.

Jusqu’ici, les habits connectés étaient essentiellement dédiés au « quantified self », c’est-à-dire truffés de capteurs pour notamment mesurer nos performances sportives. Mais maintenant, les artistes geeks s’emparent des nouvelles capacités technologiques et mettent au point des habits high-tech surprenants, comme on peut le voir dans #TECH24, l’émission high-tech de France 24 présentée avec Marjorie Paillon et dont Le Point.fr est partenaire.

L’émission revient sur plusieurs projets impressionnants comme Spider Dress de Anouk Wipprecht, originaire des Pays-Bas. Cette robe mécatronique est composée de six bras totalement imprimés en 3D. Ces derniers s’ouvrent avec gentillesse si quelqu’un s’approche, mais peuvent s’agiter en cas d’agression. Ils sont mus grâce à un processeur Intel Edison, comme on pouvait le voir à WeAreAble, une exposition qui a eu lieu à la Gaîté lyrique, coproduite par ShowRoomPrivée et dont on peut voir un autre aperçu ici.

Dans un autre registre, le projet Herself Dress, des Anglais Helen Storey et Tony Ryan, qui ont en effet mis au point un textile qui purifie l’air, le CatClo, composé de particules de dioxyde de titane qui s’accrochent aux fibres des vêtements. Ces nanoparticules parviennent à capter temporairement le CO2 présent dans l’air… Ce textile pourrait, selon ses concepteurs, absorber la production d’une voiture par jour.

Il existe d’autres projets de vêtements protecteurs. Ainsi, Duoo, une start-up basée à Chavanod près d’Annecy, a mis au point un modèle, le Précieux, qui intègre des fils d’argent. Ces derniers reproduisent dans le tricot un dérivé de la cage de Faraday, ce qui bloque les champs électromagnétiques de nos téléphones portables. Enfin, le projet Autonotex, lancé avec l’Institut Mines-Télécom, vise à équiper les pompiers d’un textile capable de prévenir le reste de l’équipe en cas de surchauffe.

PAR

Publié le | Le Point.fr
http://www.lepoint.fr/technologie/le-jour-ou-nos-vetements-nous-protegeront-26-02-2016-2021164_58.php

Les entreprises textile nordistes ont foi dans le traité transatlantique, envers et contre tout

La promesse de nouvelles parts de marché: les entreprises textiles nordistes voient dans le projet d’accord de libre-échange actuellement en négociation entre Bruxelles et Washington (Tafta),objet de vives critiques, un moyen de dynamiser leur activité, essentiellement tournée vers les exportations.

Pour le dentellier Noyon, implanté à Calais, qui confectionne de la dentelle essentiellement pour la lingerie et les robes de mariée, les ventes vers les Etats-Unis représentent entre 8 et 10% du chiffre d’affaires. Avec la suppression des droits de douane et la simplification des procédures douanières
prévues dans le projet de traité transatlantique, “on pourrait doubler” les exportations vers ce pays, estime Olivier Noyon, président de la société, qui se voit appliquer pour l’instant des droits de l’ordre de 15% sur ses produits à l’entrée des Etats-Unis.

Une manne qui serait la bienvenue alors que son entreprise a vu son chiffre d’affaires divisé par plus de trois depuis 2002, passant de 60 millions d’euros à environ 18 millions aujourd’hui, et son nombre d’employés fondre de 850 à 220, conséquence de la féroce concurrence asiatique. Le dirigeant veut croire que la baisse des prix induite par la disparition des droits de douane permettrait notamment à son entreprise de retrouver des parts de marché dans le secteur de la lingerie, auprès de marques telles que Victoria’s Secret.

Droits de douane

Une situation confirmée par Jean-Louis Dussart, co-dirigeant de Desseilles Laces, autre dentellier aujourd’hui au bord de la liquidation judiciaire. “On travaillait aux Etats-Unis avec un certain nombre de petites marques très connues, qui ont fini par se rabattre sur la broderie, sur laquelle il y a moins
de droits de douane
“, raconte-t-il. “Entre les droits de douane, le coût du transport et le pourcentage versé aux agents commerciaux, ça ajoute entre 23 et 24% au prix de notre dentelle“, explique-t-il. Un désavantage compétitif certain par rapport au même tissu fabriqué en Asie et vendu à bien moindre coût.

Pour Nicolas Bonte, patron de Tissage Art de Lys, une petite entreprise de 15 personnes implantée près de Lille, une des vertus principales du traité est la simplification des procédures douanières avec les Etats-Unis. “On attend toujours des simplifications et de la clarté, notamment pour des petites
structures comme la nôtre
“, dit-il. Actuellement, indique le chef d’entreprise, les droits de douane sur ses produits peuvent varier et passer de 5 à 10% selon leur point d’arrivée aux Etats-Unis mais aussi en fonction du déclarant, autrement dit la société de transport qui effectue la procédure pour le compte de Tissage Art de Lys.

Ne pas se barricader

Des préoccupations partagées par de nombreuses petites entreprises, dont la voix peine à se faire entendre face à celle, massive, des détracteurs du projet. Les opposants auTafta (TTIP en anglais) dénoncent l’opacité des négociations, craignent une dérèglementation généralisée et une perte de souveraineté. Ils soulèvent aussi le fait que l’impact économique d’un tel accord n’a pas été suffisamment mesuré et s’inquiètent de l’importation en Europe de produits américains bon marché.

La Commission européenne vante, elle, les opportunités en termes de croissance et d’emploi qu’offrirait une plus grande ouverture du marché américain pour les entreprises européennes. L’impact pour l’UE devrait être “d’un peu moins de 100 milliards d’euros d’augmentation du revenu annuel, ce qui représente 0,3% du PIB”, a calculé Sébastien Jean, directeur du centre de recherches économiques CEPII. Les secteurs qui devraient le plus en
bénéficier sont le textile, l’habillement, la céramique ou encore le tabac, où les droits de douane sont élevés.

Ce n’est pas en se barricadant qu’on va y arriver“, estime Nicolas Bonte. “C’est à nous de prendre des mesures et de se différencier pour pouvoir conquérir de nouveaux marchés“. “On a un besoin impératif d’exporter pour que nos entreprises s’en sortent et développent leur chiffre d’affaires“, dans un contexte de “consommation domestique faiblarde”, plaide pour sa part Emmanuelle Butaud-Stubbs, déléguée générale de l’Union des industries textiles (UIT). “Les Etats-Unis représentent un marché d’exportation très important pour le textile et l’habillement (…) c’est la raison pour laquelle nous poursuivons nos intérêts offensifs là-bas“, ajoute-t-elle.

  • AFP
  • Publié le 25/02/2016 | 15:30

http://france3-regions.francetvinfo.fr/nord-pas-de-calais/les-entreprises-textile-nordistes-ont-foi-dans-le-traite-transatlantique-envers-et-contre-tout-936696.html

Environnement : mais que fait l’industrie textile ?

Rédigé le 16 fév 2016, par Jean-Marie

Selon l’Institut danois du textile, en 2013 l’industrie textile mondiale aura été la seconde juste derrière celle du pétrole en termes d’impact sur l’environnement. La question de fond qui se pose est de savoir si une industrie qui repose sur le renouvellement permanent des produits et des gammes qui tournent de plus en plus vite peut se moderniser pour devenir plus éthique et moins polluante.

L’impact du textile sur l’environnement provient principalement de l’utilisation de produits chimiques dans l’industrie du tannage et pour la coloration. L’industrie du cuir représente à elle seule, 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires. C’est une source majeure de pollution au niveau mondial notamment par la production de chrome 6 hexavalent.

Industrie textile : l’impératif de toujours produire plus et plus vite à moindre coût

Ce sont quelque 130 milliards de pièces de vêtements qui sont produites chaque année sur le plan mondial et le problème auquel fait face cette industrie et que chaque pièce rapporte en moyenne un profit qui n’est que de 4 %.

La tendance naturelle de la mode et du textile est de produire toujours plus de pièces de vêtements avec des marges toujours plus faibles sur un rythme toujours plus rapide, ce qui est peu compatible avec la nécessaire transformation écologique qu’il faudrait entamer pour préserver la planète et moins atteindre la santé des consommateurs.

A ce niveau de profitabilité les industriels sont tous à l’affût de zones de production toujours moins chères, derrière la Chine qui reste le premier producteur mondial. Des pays comme l’Inde, le Bangladesh, le Vietnam ou la Turquie, sont devenus des producteurs majeurs avec des normes de production sociales très basses. D’où les catastrophes comme celles du Bangladesh avec les 1.200 morts de l’usine du Rana Plaza.

Pourtant des solutions existent, notamment via l’utilisation croissante de matériaux éthiques et écologiques. Un récent salon qui s’est tenu à Londres sur le sujet de la mode éthique a mis en avant qu’il existait plus de 1.200 solutions proposant ainsi un large choix aux industriels.

Les industriels du textile amorcent enfin leurs efforts

La transformation du textile en une industrie circulaire vertueuse se joue aussi en aval, au niveau du recyclage. Un pays comme les États-Unis jette 13 millions de tonnes de vêtements par an dont une grande partie n’est pas recyclée, ni transformée en matériaux de construction ou d’isolation, comme on le fait par exemple avec le métisse. En France, ce sont chaque année 700.000 tonnes de vêtements qui sont mises sur le marché. L’enjeu est donc considérable.

Certains grands industriels comme H&M ou Marks and Spencer commencent à prendre la mesure du problème et à profiter des innovations techniques pour offrir des gammes de produit moins polluantes. Par exemple, Marks & Spencer a lancé un programme appelé « Plan A » qui cherche à atteindre 100 objectifs durables et qui montre que ses efforts ont déjà rapporté 625 millions de livres à la société.

Le groupe britannique est également partenaire du programme « Better Work » dont l’un des enseignement majeur est le suivant : le groupe a démontré qu’augmenter les salaires pour les ouvriers textiles augmenterait leur productivité. En effet, 65 % des usines vietnamiennes participant au programme « Better Work » ont vu leur productivité et leurs ventes augmenter lorsque les salaires de base ont été augmentés.

Urgence environnementale et standards sociaux contre-balancent, péniblement, la course à la réduction des coûts de l’industrie textile : vos vêtements deviennent progressivement moins polluants.

http://www.consoglobe.com/industrie-textile-ethique-environnementale-cg

Les nouveaux dragons du textile

Le salon Texworld, en février 2016. © Twexworld

Cette semaine le salon Texworld rassemble au Bourget, près de Paris, des entreprises du textile et de l’habillement du monde entier. Avec une représentation massive des entreprises chinoises. Mais aussi l’apparition d’entreprises textiles du Vietnam, du Cambodge et de Birmanie.

Ce sont les nouveaux dragons du textile mondial. Bien sûr, ils partent de loin par rapport à la Chine (138 milliards de dollars d’exportations rien que dans le textile et l’habillement), mais le Vietnam a doublé ses exportations en cinq ans et c’est aujourd’hui le troisième fournisseur d’habillement de la planète (22 milliards de dollars), derrière la Chine et le Bangladesh, mais devant la Turquie.

Même progression fulgurante pour le Cambodge (8 milliards de dollars). Quant à la Birmanie c’est encore le bébé dragon du textile (250 millions de dollars), mais sa croissance est phénoménale, ses exportations de vêtements ont quadruplé en cinq ans.

Des coûts imbattables, de meilleures garanties sociales que le Bangladesh

Les professionnels le disent, le Bangladesh n’a pas fait beaucoup de progrès depuis l’effondrement du Rana Plaza, il y a presque trois ans. Au Vietnam, les autorités communistes sont très soucieuses de faire appliquer un minimum de règles dans les usines. Avec un salaire minimum de 120 euros, moins de la moitié du salaire chinois, le manteau cousu dans la région côtière de Danang à Ho Chi Minh arrive en Europe à 17 euros, coût et fret inclus. Il n’est pas étonnant que le Vietnam soit devenu le deuxième fournisseur de parkas de l’Union européenne !

Au Cambodge, le tableau social est moins brillant, mais en progrès. Surtout, le Cambodge peut produire un pantalon à 7 euros, un t-shirt à 3 euros : les survêtements cambodgiens ont envahi les boutiques européennes. En Birmanie, l’ouvrier textile gagne moins de 60 euros par mois, les anoraks birmans sont très prisés par les acheteurs européens.

Dans ces trois pays, l’énergie n’est pas chère, les réseaux routiers sont plutôt bons et les entreprises chinoises investissent massivement au Cambodge, au Vietnam et en Birmanie. Elles délocalisent à leur porte en fournissant le coton et le tissu de Chine.

Des accords hyper-préférentiels

C’est une intégration semblable de la filière textile qui avait permis à d’autres pays précédemment de devenir des champions mondiaux, la Turquie, l’Inde et le Pakistan. L’usine textile du monde est donc en train de se déplacer vers le sud-est de l’Asie avec un grand coup de pouce : les nouveaux accords de libre-échange.

Depuis trois ans, les accords hyper-préférentiels se multiplient entre l’Union européenne, ou les États-Unis, et les nouveaux dragons du textile. L’habillement cambodgien bénéficie d’un droit d’entrée nul en Europe au nom de l’accord « Tout sauf les armes ». Même régime préférentiel pour l’habillement birman, l’Union européenne a même précédé les États-Unis dans la levée des sanctions contre la Birmanie.

Quant au Vietnam, s’il doit attendre encore sept ans avant que ses vêtements entrent sans taxe en Europe, il sera le plus grand bénéficiaire de l’accord transpacifique avec les États-Unis dans le textile. Le Vietnam est déjà le deuxième fournisseur de vêtements des Américains.

La volonté des nouveaux dragons du textile

Vietnam, Cambodge et Birmanie, les nouveaux dragons du textile veulent non seulement devenir des acteurs majeurs du commerce mondial de l’habillement, mais ils veulent monter en gamme.

Sortir de la sous-traitance, c’est l’objectif de l’Asie du Sud-Est, avec l’aide des entreprises européennes qui songent à délocaliser la création, le marketing. Si c’est le cas, les fournisseurs textiles du Maghreb risquent de souffrir encore, ils s’étaient spécialisés dans le moyen haut de gamme, mais leur part de marché stagne, voire diminue, notamment dans le jean.

Les industriels du Maroc et de Tunisie doivent acheter leur tissu en Europe pour que leurs vêtements bénéficient de zéro droit de douane en retour, ce qui n’est pas le cas de leurs concurrents, l’Union européenne a voulu protéger de cette manière le peu d’industrie textile qui lui restait.

http://www.rfi.fr/emission/20160219-dragons-textile-cambodge-vietnam-birmanie-commerce

Ces microbes mangeurs de fibres qui séduisent des multinationales du textile

Crédits : CDC/James

Par Marina Torre  | 

Malgré le coût relativement élevé des procédés, l’offre de textiles recyclés progresse et rencontre une demande croissante. 

Deux jeunes ingénieurs américains développent un procédé visant à fabriquer du tissu neuf avec de l’ancien grâce à l’action de micro-organismes. Du dénicheur de “licornes” Y Combinator à un fonds financé par Nike en passant par la fondation H&M, ça se bouscule en hauts lieux pour aider ces chiffonniers d’un nouveau genre.

Plutôt que de faire la chasse aux microbes, ils les cultivent. Akshay Sethi et Moby Ahmed, deux Californiens tout juste diplômés de l’université de Californie à Davis, n’ont entre les mains qu’une technologie balbutiante. Mais elle leur vaut l’intérêt de puissantes fées de la finance et de l’industrie textile.

Le principe ? Utiliser des micro-organismes capables de détruire des matières plastiques pour en tirer un nouveau type de matière première textile. Plus précisément, ils absorbent du polyester et “fabriquent” ainsi une nouvelle substance transformable en nouvelles fibres de tissu.

ambercycle

 

 

Mobi Ahmed, (à g.) et Akshay Sethi (à droite), les fondateurs d’Ambercycle se sont rencontrés sur les bancs de l’université de Californie à Davis (près de Sacramento). Ils ont remporté 250.000 euros dans le cadre du “Global Change Award”.

 Refaire du tissu

L’aspect révolutionnaire ne saute peut-être pas aux yeux. Pourtant, parce que d’immenses volumes de vêtements sont fabriqués à partir de matières mélangées, notamment du polyester et du coton, ils ne sont pas recyclables. Ils finissent donc le plus souvent leur -courte- vie dans des incinérateurs. Autant dire que leur empreinte carbone n’est pas des plus neutres.

D’où l’importance de pouvoir trier le bon grain de l’ivraie. Ce qui semble donc possible grâce au procédé breveté par les deux jeunes ingénieurs via leur entreprise, AmberCycle. Leur idée a même attiré l’attention de parrains de renom susceptibles de trouver, en se penchant sur leur berceau, l’occasion de promouvoir une image “verte”.

Sur le podium d’un concours en ligne

Ce 10 février, ils ont même reçu à Stockholm une dotation de 250.000 euros dans le cadre de la toute première édition du prix “Gobal Change Award” créé par la Fondation H&M. Cet organisme à but non lucratif financé par la famille fondatrice de la multinationale insiste pour afficher son indépendance vis-à-vis de l’entreprise dont elle porte le nom.

C’est elle qui fournit la dotation d’un million d’euros répartie entre cinq inventions finalistes de son concours d’innovations dans le textile durable. Le groupe, quant à lui, promet de mettre les vainqueurs en relation avec certains de ses grands fournisseurs susceptibles d’être intéressés. En outre, les entreprises distinguées sur 2.500 dossiers reçus auront droit à une place dans l’accélérateur du KTH, l’Institut royal de technologie de Suède.

Les microbes d’AmberCycle ne sont arrivés qu’en deuxième position. Les mieux lotis (300.000 euros) par les internautes appelés à voter sans connaître le nom des inventeurs ni leur origine géographique ont finalement été des universitaires finlandais. Eux ont trouvé un nouveau moyen de convertir des déchets de coton en nouvelles fibres réutilisables. Ils devancent d’autres concepts insolites, utilisant soit du jus d’agrumes soit des algues pour créer des fibres de tissus capables de remplacer les matières premières issues du pétrole.

Repérés par la Nasa et Y Combinator

Les deux Californiens quant à eux n’ont pas attendu le coup de pouce du géant de la distribution pour faire parler d’eux. En 2013, déjà, ils sont repérés par la plateforme “Launch” fondée par la Nasa, Nike et le gouvernement américain. A l’époque, ils évoquent surtout leurs microbes comme un moyen de détruire des bouteilles plastiques. Ils ont aussi reçu l’aide du “Y Combinator”, l‘accélérateur américain qui a couvé des entreprises valant désormais des milliards comme Airbnb ou DropBox.

Grâce à ce nouvel apport, les deux ingénieurs espèrent passer la vitesse supérieure, mais sont encore loin de la mise sur le marché de leur produit.

Il nous faut désormais pouvoir vérifier si notre technologie qui fonctionne pour de petites quantités sera viable à très grande échelle. Les microbes ont déjà prouvé leur efficacité dans d’autres domaines. Nous espérons pouvoir faire fonctionner une usine d’ici trois à cinq ans“, précise ainsi Akhsay Sethi.

S’ils en sont capables, ils auront de quoi faire. Rien qu’en France, 2,5 milliards de pièces de vêtements (soit 600.000 tonnes), sont mises chaque année sur le seul marché… Dans le même temps, malgré le coût relativement élevé des procédés, l’offre de textiles recyclés progresse et rencontre une demande croissante. La part des consommateurs ayant acheté des vêtements à base de textile recyclé a même grimpé de 10 points en un an selon la Fédération du prêt-à-porter féminin.

FFPAP

Les données ci-dessus proviennent du bilan annuel de la Fédération française du prêt-à-porter dévoilée le 10 février.

 

 

 

 

 

 

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/agroalimentaire-biens-de-consommation-luxe/ces-microbes-mangeurs-de-fibres-qui-seduisent-des-multinationales-du-textile-550173.html

Expo Wearable : cinq vêtements qui pourraient révolutionner l’avenir de la mode

Posté le dans News, par   Suivre @asophievalentin sur Twitter

Crédit photo: sebastian pfutze

Et si nos vêtements pouvaient nous protéger ? Transmettre nos émotions ? Assainir la planète ? Jouer de la musique ? Autant d’interrogations que posent l’exposition Wearable, jusqu’à dimanche à la Gaîté Lyrique, à travers une quinzaine de prototypes de vêtements futuristes. Cinq d’entres eux nous ont particulièrement marqués. Nous vous les présentons.

Les vêtements dépasseront-ils un jour leurs fonctions premières ? Au lieu de simplement nous couvrir ou afficher notre style, ils pourraient par exemple nous protéger des autres, exprimer des sentiments cachés, dialoguer entre eux et même réduire la pollution. C’est en tout cas ce que supposent les artistes réunis à la Gaîté Lyrique, dans le cadre de l’exposition Wearable. Ils proposent des prototypes de vêtements, à la croisée de la mode et des nouvelles technologies, qui pourraient révolutionner notre rapport à l’habillement. Malheureusement, “même si ces créations interrogent l’avenir de la mode, elles ne sont, pour l’instant, pas vouées à être distribuées”, prévient la commissaire de l’exposition Anne-Sophie Berard.

La Spider Dress, la robe qui nous protège de l’autre

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Comme son nom l’indique, Spider Dress a l’apparence d’une araignée, avec ses billes noires, qui semblent nous regarder, et ses pattes crochues. Et gare à celui qui voudrait l’attaquer ! Comme la bête, elle est capable de se défendre. Grâce à des capteurs, elle peut sentir la disposition de la personne – sa respiration, la cadence de ses mouvements – qui lui fait face. Si celle-ci se montre nerveuse ou brutale, la robe-araignée dégaine ses pattes et ses yeux envoient des flash lumineux. A l’inverse, si l’autre reste calme, elle l’invite à s’approcher en tendant une patte, tandis que son regard brille doucement.

Montré pour la deuxième fois seulement, ce vêtement est l’oeuvre de Anouk Wipprecht,“une grande figure de la fashion tech, qui travaille sur l’intelligence artificielle du vêtement”, rapporte Anne-Sophie Bérard, commissaire de l’exposition. En proposant cette création, elle soulève la question de savoir “jusqu’où le vêtement sera-t-il protecteur ?” 

Caress of Gaze, une cape qui a la chaire de poule

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Comme la peau, cette cape, qui ressemble à un hérisson, exprime une sensibilité. Faite de petites plumes en plastique, elle se rétracte ou se redresse, le bruit est alors le même qu’un champ de blé secoué par le vent. Au toucher, la texture rappelle la brosse à cheveux à picots. La réaction dépend de l’intensité du regard qu’on lui porte. La cape le détecte grâce à une petite caméra, laquelle envoie alors les informations aux épines, qui réagissent immédiatement.

C’est Behnaz Farahi, artiste américaine d’origine iranienne, qui propose cette innovation.“Elle aussi s’interroge sur l’intelligence du vêtement. Est-ce que le vêtement sera capable de communiquer avec la personne en face de nous pendant que nous parlerons avec une autre ? Répondra-t-il au vêtement d’en face ? Sera-t-il plus sensible que nous ?”

Showpiece, la veste instrument de musique

A première vue, rien n’indique que de cette veste noire, création de Ylenia Gortana et du musicien Birdmask, puisse sortir une mélodie. La coupe est graphique, minimaliste. Rien ne dépasse. Seule fantaisie, les 52 carrés imprimés sur le textile. Et c’est justement eux qui émettent le son. Ces pads renferment en fait des capteurs, “tous capable de générer un son propre”. En tapant légèrement dessus et en jouant avec la fermeture éclaire,“l’utilisateur peut ainsi composer et jouer en live”.

A quand donc le musicien qui montera sur scène, avec pour unique instrument, sa tenue ?“C’est un vrai sujet dans la mode”, rapporte la commissaire d’exposition. “Il existe déjà un pantalon qui permet de jouer de la batterie.” L’exposition présente aussi un kimono – harpe. L’utilisateur n’a qu’à déployer les pans de ses manches pour gratouiller les “lignes conductrices” qui font office de cordes. “Les musiciens ont très envie de s’emparer de ces vêtements. Mais ils ne sont encore qu’à l’état de prototype avec des technologies trop sensibles.”

Like Living Organisms, la robe vivante

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Cette création ne trouvera sans doute pas preneur grâce à son esthétique. A moins de vouloir ressembler à un être hybride issu du croisement entre Alien ou La Mouche de Cronenberg. Rose, un peu granuleuse au toucher, la robe a les caractéristiques d’une peau épaisse. Quand on s’en approche, “elle se met à vivre”. Tandis qu’elle émet un fort bruit de respiration, ses “nervures” se mettent à battre. L’artiste, Local Androids, “s’est inspiré des émois qui nous animent quand on rencontre quelqu’un pour la première fois”. Ce n’est pas fini, s’il l’on reste à côté, “la tension monte et le pouls s’accélère”. Les parties latérales du cou, “une zone très érogène”, se mettent à gonfler. “La robe fait le paon”. Pour la calmer, il faut la toucher, “la caresser”. Et quand, on la lâche, “elle comprend que l’on s’en va et va donc attendre de pouvoir séduire quelqu’un d’autre”.

Fascinante et dérangeante à la fois, Like Livings Organisms serait destinée à nous servir de seconde peau, et ainsi, à “rejoindre le monde des vivants”.

Herself Dress, la robe anti-pollution 

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Ajustée à la taille, moulante sur les hanches, évasée en bas, Herself Dress pourrait tout à fait se porter pour une soirée chic. Sauf qu’il faudrait pour cela supporter ses 40 kilos, à cause de l’argile qui la recouvre. Car sans elle, la robe perd tout son intérêt, celui de peut-être sauver notre planète. Comme est-ce possible ? “Cette patte contient du CatClo, une substance qui capte et piège les gaz carboniques qui se promènent dans l’air”, explique Anne-Sophie Bérard.

L’artiste anglaise Helen Storey travaille sur ce concept depuis des années, en collaboration avec le scientifique Tony Ryan. Elle a par ailleurs récemment créé une lessive à base de CatClo. Une personne qui porterait un vêtement lavé avec du cette substance serait capable d’éliminer environ 5 grammes d’oxyde d’azote de l’atmosphère, soit l’équivalent de ce que rejettent chaque jour la plupart des voitures.  “Selon l’artiste, il suffirait que l’on porte tous des vêtements lavés avec sa lessive pour que le niveau de la pollution chute de façon significative.” Mais qu’en serait-il du porteur ? “L’additif serait sans danger pour sa santé, et ne poserait aucun problème de confort.”

L’exposition a lieu dans le cadre du Fashion Tech Festival, qui propose par ailleurs touteune série rencontres sur l’avenir de la mode et un fab lab. Chaque jour un designer est invité et propose un atelier de fabrication. Jusqu’au 14 février à la Gaîté Lyrique.

http://style.lesinrocks.com/2016/02/12/expo-wearable-cinq-vetements-qui-pourraient-revolutionner-lavenir-de-la-mode/

Gérard Ravouna : « Il faut que la filière textile puisse peser plus lourd »

Photo Joël PHILIPPON

En ce début d’année 2016, comment se porte la filière mode et habillement Rhône-Alpes ?

Sans surprise, elle est toujours en crise. Notre principale préoccupation c’est le financement de nos entreprises. Les banques sont toujours extrêmement frileuses lorsque l’on parle de textile, d’habillement ; elles ne veulent surtout pas prendre de risques. De nombreuses boîtes se retrouvent donc dans des situations délicates ; sans des fonds, sans des investisseurs, je crois que des entreprises importantes de la filière seraient mortes.

Le secteur souffre parce qu’il est freiné dans ses développements, parce que nos charges de personnel sont encore et toujours trop lourdes dans un contexte de concurrence mondiale. Et face à cela, il est difficile de lutter à armes égales. La filière mode habillement en Rhône-Alpes Auvergne c’est environ 450 entreprises, 1 000 marques, c’est 4 000 emplois lorsque la filière en comptait plus de 20 000 il y a quinze-vingt ans.

Une filière en perdition alors qu’elle est la plus grosse région de France en la matière ?

Oui, nous sommes la plus grande région de France pour la concentration des entreprises d’habillement et de mode. Nos créateurs, nos fabricants sont présents dans tous les segments, l’homme, la femme, l’enfant, le sport, la lingerie etc. Mais face à la concurrence mondiale, on éprouve de grosses difficultés. Le marché se partage entre l’entrée de gamme des Primark, Zara, H & M etc. et le haut de gamme qui peut se permettre de relocaliser un peu en rognant sur ses marges.

Des marges qui ne cessent d’être réduites au risque de faire péricliter les entreprises ?

Oui, les coûts de fabrication augmentent même dans les pays à bas coût et les marges baissent, il est donc difficile de sortir la tête de l’eau. Tous les jours, des entreprises de la filière ferment mais tous les jours il s’en remonte parce que la filière exerce une fascination extraordinaire.

Comment enrayer cette morosité ?

Il y en a marre de ces écoles de mode qui se montent, forment des stylistes, des modélistes, dont nous n’avons pas besoin. Aujourd’hui, nous avons besoin de vendeurs de prêt-à-porter, tout le monde en cherche. Aussi, il faut que la filière tout entière puisse peser plus lourd, que nous nous unissions avec les acteurs de l’industrie textile, les détaillants. Il faut que nous jouions groupés pour peser plus lourd vis-à-vis des pouvoirs publics. Il faut que la volonté d’union de toute la filière l’emporte parce qu’il y a urgence.

Age

68 ans

Formation

« Je suis autodidacte, j’ai 50 ans de mode derrière moi ».

Fonctions

Président des industries Mode & Habillement Rhône-Alpes-Auvergne, premier vice-président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin.

Son plus

« Être en mode passion ».

Sa devise

« Faisons preuve de créativité ».

PROPOS RECUEILLIS PAR FRANCK BENSAID

http://www.leprogres.fr/economie/2016/02/09/gerard-ravouna-il-faut-que-la-filiere-textile-puisse-peser-plus-lourd